Repérer et traiter les troubles respiratoires du sommeil chez les sportifs

Apr 23 / Arnaud BRUCHARD

En un coup d'oeil

  • Les troubles respiratoires du sommeil (TRS) sont fréquents chez les sportifs, surtout dans les sports de contact.
  • La prévalence varie fortement selon le sport (7 % à 86 %).
  • Les facteurs de risque majeurs incluent un IMC élevé, un cou large, l’âge, un historique de commotion, et certaines positions de jeu (ex. avants).
  • Les conséquences incluent fatigue, troubles cognitifs, baisse des performances et risques cardiovasculaires.
  • Le traitement par pression positive continue (PPC) ou orthèse améliore la qualité de sommeil et la performance.

Pourquoi cet article est intéressant ?

Avis du pôle scientifique : Pastille verte. La bonne qualité méthodologique de cette revue systématique permet de contrôler le risque de biais. 
Cet article met en lumière un problème sous-estimé chez les sportifs : le sommeil de mauvaise qualité lié aux troubles respiratoires du sommeil.
Or, un sommeil efficace est essentiel pour la récupération, la concentration et la performance. Mieux dépister ces troubles permet d’optimiser l’entraînement, réduire les blessures et améliorer la santé globale.

Objectif de l'étude

Examiner la fréquence, les facteurs de risque, les conséquences et les effets des traitements des TRS chez les athlètes et para-athlètes.

Méthodologie

  • Population : Athlètes professionnels, amateurs et para-athlètes ≥18 ans.
  • Intervention : Diagnostic (polysomnographie ou tests de sommeil) et traitements (PPC, orthèse mandibulaire).
  • Comparateur : Absence de TRS ou de traitement.
  • Outcome : Prévalence, performances, somnolence, fonction cardiovasculaire.
  • Type d'étude : Revue systématique de 20 études.

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

Les TRS sont fréquents dans de nombreux sports, et en particulier dans les sports avec contact comme le rugby (55%), le football américain (34%), le judo (68%) et le hockey sur glace (61%).
Les athlètes avec un IMC élevé, un historique de commotion ou occupant des postes nécessitant masse corporelle et force présentent plus de risques. Les conséquences incluent somnolence diurne, troubles cognitifs, dépression, risque cardiovasculaire et baisse de performance. Les traitements comme la PPC améliorent la qualité du sommeil, la vigilance et parfois la performance sportive.

Conclusion

Les résultats montrent que les TRS sont relativement fréquents dans certaines disciplines, notamment les sports de contact, et qu’ils peuvent avoir un impact négatif sur la santé, le sommeil et la performance sportive. Les principaux facteurs de risque identifiés sont un indice de masse corporelle élevé, une grande circonférence cervicale, l’âge avancé et certains postes de jeu spécifiques.
Les TRS non traités sont associés à une somnolence diurne excessive, à des altérations cognitives et à une augmentation du risque cardiovasculaire. Les traitements tels que la ventilation en pression positive continue (PPC) et les dispositifs d’orthèse d’avancée mandibulaire ont montré des effets bénéfiques sur les symptômes et, dans certains cas, sur la performance sportive. Toutefois, la littérature actuelle demeure limitée par des échantillons de petite taille et une grande hétérogénéité méthodologique. Les données concernant les para-athlètes, en particulier ceux présentant une lésion médullaire, sont très insuffisantes.
Des études futures mieux conçues sont nécessaires afin de développer des stratégies de dépistage et de prise en charge adaptées aux populations sportives. 

Implications pratiques                                     

Les professionnels de santé doivent intégrer le dépistage du sommeil chez les sportifs, surtout ceux présentant des facteurs de risque (IMC élevé, historique de commotion, pratique nécessitant masse corporelle et force, âge). L’éducation autour du sommeil et l’accès thérapeutique (PPC ou orthèses) peut améliorer la récupération et réduire la fatigue.
En conséquence, le dépistage combiné à une meilleure prise en charge contribue à optimiser la performance sportive.

L'ARTICLE

Gomes AM, Aibe M, Boulos MI, Furlan JC. A systematic review on sleep-related breathing disorders in athletes and para-athletes. Sleep Med. 2025 Oct 25;136:106882. doi: 10.1016/j.sleep.2025.106882. Epub ahead of print. PMID: 41160949.