Optimiser la performance avec le flossing tissulaire

Jun 25 / Arnaud BRUCHARD

En un coup d'oeil

  • Le flossing tissulaire est une technique de compression utilisée pour améliorer la mobilité et la performance.
  • Cette revue systématique inclut 18 études et 559 participants sains.
  • Après 2 à 10 min de flossing tissulaire, il est possible d’observer une amélioration de la performance en force, en équilibre et en saut ; et ce jusqu’à 45–60 min post-application.
  • Les effets du flossing tissulaire sur le sprint et l’agilité sont globalement mitigés.
  • La revue ne permet pas de définir si le flossing appliqué sur l’articulation est plus efficace que celui appliqué sur le corps musculaire puisque les 2 méthodes donnent des résultats hétérogènes.

Pourquoi cet article est intéressant ?

Avis du pôle scientifique : Pastille verte. La bonne qualité méthodologique de cette revue systématique permet de contrôler le risque de biais.  
Cet article offre une synthèse actualisée des preuves, utile pour les préparateurs physiques, kinésithérapeutes et entraîneurs souhaitant utiliser le flossing tissulaire. Les résultats permettent de savoir quand et comment utiliser cette technique pour optimiser immédiatement la performance.

Objectif de l'étude

Évaluer l’efficacité du flossing tissulaire sur la performance athlétique et comparer son efficacité en fonction de sa zone d’application : articulation vs. corps musculaire.

Méthodologie


  • Population : 559 participants sains issus de 18 études 
  • Intervention : application du flossing tissulaire sur l'articulation ou le muscle 
  • Comparateur : absence de flossing, interventions placebo ou autres modalités 
  • Outcome : performance en force, en saut, en sprint, en équilibre et en agilité 
  • Temporalité : mesure de la performance immédiatement à 60 min post-application 
  • Setting : déterminer quels facteurs sont optimisés par le flossing tissulaire 

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

RÉSULTATS ET DISCUSSION

La majorité des études rapportent une amélioration de la force (maximale isométrique et explosive) et du saut (CMJ et hop tests) durant l’heure suivant le traitement. Les résultats concernant le sprint et l’agilité sont hétérogènes et ne permettent pas de tirer de conclusion. L’application du flossing sur le corps musculaire ou l’articulation donne des effets comparables, ce qui ne permet pas de déterminer si une technique est plus efficace que l’autre. L’amélioration de la performance engendrée par le flossing pourrait résulter de la stimulation physiologique procurée par le retrait de la bande, agissant sur les réflexes et l’activité neuromusculaire.

Bilan de l’efficacité du flossing tissulaire

Conclusion

Le tissue flossing peut induire des améliorations à court terme de certaines performances athlétiques, notamment la force musculaire, le saut, l’équilibre et l’agilité, avec des effets durant généralement jusqu’à 45-60 minutes post-intervention.
Toutefois, les résultats demeurent hétérogènes selon les variables étudiées, la zone traitée (articulation ou tissu mou) et les paramètres d’application, en particulier la pression exercée. Des pressions modérées semblent plus favorables que des pressions élevées, susceptibles d’induire des effets inhibiteurs.
En l’état actuel des preuves, le tissue flossing apparaît comme un outil complémentaire pertinent en échauffement ou en préparation ponctuelle, mais ne peut être recommandé comme stratégie systématique de performance. Des études comparatives mieux standardisées sont nécessaires pour préciser ses modalités optimales d’utilisation.

Implications pratiques                                     

Le flossing tissulaire peut être utilisé comme outil d’activation pré-séance pour optimiser la performance en force, en saut et en équilibre. Le flossing tissulaire peut s’avérer utile avant des séances demandant de la force ou de la stabilité.
Les effets étant transitoires, cette technique doit être intégrée stratégiquement dans l’échauffement. Elle ne remplace pas un programme d’entraînement mais constitue un complément intéressant.

L'ARTICLE

Cheatham, S.W., et al. (2024). Effects of Tissue Flossing on Athletic Performance Measures: A Systematic Review. Sports, 12 (11), 312.